samedi 27 février 2010

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Le fils caché de Howard Hughes


Le poker est un monde parfois interlope dans lequel toutes les couches de la population communient. Dans la galerie des "gueules", voici le fils caché de Howard Hughes.

Lors de mon périple Viennois, j'ai rencontré de beaux specimens de joueurs locaux et scandinaves mais le plus surprenant a été un joueur suisse. Vous savez, la Suisse dont les poncifs veulent que tout y soit propre, net, immaculé.

Lors d'un tournoi, j'aime "sentir" l'atmosphère c'est pourquoi j'ai l'habitude d'arriver dans les premiers dès que les tables sont libres. Cela me permet également de marquer mon territoire. Le Betfair Open ne fait pas exception et je me dirige et m'assois à ma table. "Sentir" l'atmosphère, je suis servi! Des remugles agressent mes narines. Je fronce les sourcils et jette un oeil vers la croupière. Jolie fille, maquillée, poudrée, un plaisir pour les yeux. Je la devine mal à l'aise et visiblement, son postérieur, qu'elle doit avoir joli, se réfugie sur la partie gauche de sa chaise.

A sa droite, un gars hirsute, hispide. Au premier coup d'oeil, il s'agit du fils caché de Forrest Gump, celui qu'il a fait avec une sauvageonne après 15 mois de courses à travers les Etats-Unis. Sa tignasse est surmontée d'une casquette arborant la bannière suisse et indiquant Bâle et Basel. Je risque un timide: "Lesage?" mais le personnage ne répond pas. Les miasmes proviennent de notre Helvète balois ce qui m'amène à penser qu'il habite près du célèbre trou.

Mon regard croise à nouveau la croupière et je lui envoie un signe d'empathie. Notre calvaire durera 45 minutes puisque le tournoi commencera avec ce retard.

Je continue à passer notre gaillard en revue et je vois ses mains. Je n'ai jamais vu ça, des ongles de cinq centimètres à chaque doigt. Ongles sales bien évidemment. J'ignore si vous avez déjà vu de telles phanères mais je peux vous assurer que c'est laid.

L'odeur ne diminue pas et je me console en pensant que j'aurais pu être son voisin immédiat. Et dire que j'ai choisi une table non fumeur! A contrario de ma fishette préférée, je n'écoute pas de musique pendant que je joue. Je ne souhaite pas me priver d'un de mes cinq sens. Cependant, j'ai des écouteurs en poche et un instant, je songe à transformer chaque oreillette en narinette. Une envie de ne pas détruire mon image m'en empêche.

La partie commence enfin sous les regards complices de tous les joueurs . Un malaise certain règne sur la table. Chacun craint probablement de passer les 8 prochaines heures avec cet olibrius. Les cartes volent et notre HH junior s'en saisi. Sa technique est particulière. Handicapé par ses ongles, il ne peut que faire une espèce de crochet avec les faces latérales de ses doigts. Il martyrise ses cartes sous les yeux horrifiés de la croupière pour les soulever péniblement tout en les cachant avec une feuille de papier informe. Alors le compte à rebours peut commencer. Pas moins de dix secondes avant de lâcher (ou pas) la main. La dealeuse le remettra régulièrement à l'ordre puisque entre chaque coup, il coiffe ses jetons de son papier.
Systématiquement, il griffonne, très appliqué, des incantations ésotériques sur un carnet fatigué.

Notre calvaire ne durera que 20 minutes et l'atmosphère s'assainira lorsque notre héros fera un trois barrels à tapis avec 86 sur un tableau KK863. Sa triple paire se fracasse contre un éblouissant brelan de rois.

Nous ne serons cependant pas quittes de lui car il hantera la table pendant quatre heures, s'installant derrière le nouveau possesseur de ses jetons. Il continuera ainsi à prendre des notes. Se baissant vers les jetons pour les examiner avec attention.

Il nous quittera en fin de nuit accompagné d'une rumeur voulant qu'il soit immensément riche. Je vous le dis, le fils caché de Howard Hughes.
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Un peu de tout: première manche en demi teinte dans le championnat de mon ami CelticTouch. On dira que je n'avais pas encore récupéré de Vienne. En ce qui concerne notre périple autrichien, voici une interview croisée de Etienne Do.
Les bloggers sont toujours à la fête puisque Xewod, en partenariat avec Everest remet le couvert en nous offrant des packages pour l'Evian Poker Open. De bons moment poker en perspective.

Howard Hughes: célébrité américaine. Aviateur, constructeur aéronautique, homme d'affaire et producteur cinématographique. Considéré comme l'homme le plus riche du monde, il bascula dans la démence dans sa fin de vie. Il acheta le Desert Inn à Vegas et s'y réfugia durant les huit dernières années de sa vie. Il avait deux phobies: les microbes et la mafia. Une garde de soignants mormons veillait sur lui qui ne se coupait plus les cheveux, la barbe et les ongles. Il mourut dans un état de déchéance total.
L'illustration de cet article vient du blog de Frederik Peeters, par hasard Suisse également.

14 commentaires:

  1. J'ai failli m'étouffer avec le carré de chocolat suisse que je dégustais quand j'ai lu cette phrase "Les miasmes proviennent de notre Helvète balois ce qui m'amène à penser qu'il habite près du célèbre trou."... Excellentissime lollll

    Pour l'avoir vu, c'était quelque chose !

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  2. je parlais de l'helvète hein, pas du trou LOL

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  3. MDR !

    Superbe article où tout ton talent explose !

    Bravo.

    PS : pour rien au monde je ne voudrai expérimenté cet aventure, autrement que par la lecture de ta prose !

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  4. un sacré personnage, c'est sûr ...

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  5. un florilège de beaux mots... pour un vilain relent !

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  6. à noter que j'ai posté un commentaire sur l'interview Betfair... qui n'a pas été publié ! :D

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  7. Moi j'ai déjà eu des puants (au sens propre du terme ^^) à ma table, et c'est vrai que cela peut être déstabilisant car tu te focalises sur son odeur lol ...

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  8. L'histoire ne dit pas si l'olibrius pestidentiel était un adepte de la relent-ce ?

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  9. Excellent article qui sent bon (enfin façon de parler) le poker "live".

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  10. Somptueux.
    J'ai découvert le mot hispide en plus!

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  11. J'adore! je regrette d'avoir loupé ce grand moment!

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  12. Interlope, c'est le mot et c'est ce qu'on aime aussi, mais avec des limites :/
    Surréaliste de devoir en plus le supporter comme observateur...

    Comme Celtic, j'ai recraché mon café sur le début du texte, papier hilarant !

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  13. Excellent billet ! J'espère que tu n'as pas cru un instant que j'étais cet helvête ! Ma femme l'affirme: je pue rarement...

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