Après ma sortie au second jour de l'Irish Open de Poker, j'ai voulu me nettoyer le cerveau en faisant du cash game. En parallèle aux différents tournois, étaient organisées au sein de l'hôtel de nombreuses tables de CG 24 heures sur 24. C'est donc aux petites heures que je m'installe à la table la moins chère (1/2€).
La table est composée d'étrangers comme moi et d'autochtones. Je vous ai déjà dit tout le bien que je pensais des Irlandais. Ces gens sont très chaleureux, prévenants, amicaux. La majorité tient bien la boisson mais à forte dose, cela peut légèrement déraper.
La partie se déroule normalement. D'un côté les étrangers, calmes. De l'autre les Irlandais, braillards et exubérants. Bientôt quelques connaissances d'un des locaux se positionnent derrière lui, visiblement aguinnessés. Parmi eux, un colosse, vous savez le genre Stefal mais en plus mal dégrossi, en plus épais, plus large, plus lippu, ... Immédiatement il me fait penser au Tarass Boulba de Igor Kordey.
La table est composée d'étrangers comme moi et d'autochtones. Je vous ai déjà dit tout le bien que je pensais des Irlandais. Ces gens sont très chaleureux, prévenants, amicaux. La majorité tient bien la boisson mais à forte dose, cela peut légèrement déraper.
La partie se déroule normalement. D'un côté les étrangers, calmes. De l'autre les Irlandais, braillards et exubérants. Bientôt quelques connaissances d'un des locaux se positionnent derrière lui, visiblement aguinnessés. Parmi eux, un colosse, vous savez le genre Stefal mais en plus mal dégrossi, en plus épais, plus large, plus lippu, ... Immédiatement il me fait penser au Tarass Boulba de Igor Kordey.
Le croupier semble, lui, sorti d'un bestiaire. Il ressemble à un rapace avec un nez proéminent. Lorsqu'il fait son office, tout se passe en trois temps.
D'abord la tête haute, le regard droit, il distribue les joueurs à sa gauche. Ensuite, il se tasse d'une quinzaine de centimètres, son regard dévie sur la gauche et il sert devant lui pour enfin rebondir, pencher la tête sur la gauche et avec une contorsion de la main droite terminer son deal.
Le coup est énorme et implique trois joueurs.
Tarass plaisante, Tarass rit et lorsque Tarass rit, on ne s'entend plus. Un Anglais fait comprendre au croupier qu'il y a trop de "noise" et le croupier demande à Tarass, occupé de décrocher des uppercuts pour témoigner sa sympathie à son copain joueur, de faire moins de bruit.
Le tonnerre se déchaine et le bibendum, de sa voix de stentor, hurle qu'il va jouer. Il y a malheureusement une place libre et il s'y installe d'autorité jetant quelques billets de 50 € sur la table. Discrètement, je mesure la distance qui me sépare de l'énergumène et évalue mes chances de retrait si la baston se déclenche. Courageux mais pas téméraire.
La malheureux croupier jette les yeux au ciel pendant que Tarass fait mine de l'embrasser, la bave aux lèvres. Le coup est terminé et le croupier ramasse les jetons pour les donner au vainqueur du pot siège 9. Hélas, se faisant, il embarque les jetons du siège 10 momentanément absent. Il s'en rend compte mais trop tard et laisse échapper un pathétique "Jésus". Il est prêt à pleurer. L'absent revient et les palabres commencent. Il faudra plus de dix minutes et l'appel du floor pour que tout rendre dans l'ordre. Le croupier réclame le départ de Tarass qui continue à gueuler mais n'est pas suivi par sa hiérarchie. Soit le seuil de tolérance irlandais est bien plus haut que chez nous, soit les paluches hors normes de la bête la retienne. Le croupier est cependant remplacé par un autre qui semble connaître le perturbateur.
Celui-ci change finalement 100€, regarde ses cartes et fait allin. Mes sentiments sont partagés à ce moment là. Je sens que j'assiste à quelques chose d'assez unique. Une part de moi me dit de quitter la table car je n'aime pas spécialement les ambiances de soulard. Une autre part, moins noble, me susurre à l'oreille que je peux augmenter mon pécule.
Je découvre 58 et lâche la main. Mon voisin de gauche sent la bonne affaire et paie avec AQs. Tarass hurle et claque ses deux mains sur la table. Comme dans les bandes dessinées, les jetons font un bond en l'air. Le temps semble les suspendre et ils retombent, roulant à gauche, à droite. Surréaliste. Tarass roule des yeux, mime un combat de boxe et claque les rois sur le tapis. Au fur et à mesure que le tableau se dévoile, le soiffard se fait rougeaud. L'apoplexie le guette. Ses bras s'emparent des jetons et il en donne une poignée au croupier qui n'en demandait pas tant.
Mon voisin de gauche, sourit, conscient que son avidité n'a pas payé et que les dieux du poker sont du côté des pochards.
Soudain, notre nouvel ami hurle à la lune. A trois mètres de lui vient de s'installer une jolie masseuse décolletée qui commence son travail sur un autre joueur. Il l'interpelle avec des yeux énamourés et sort à nouveau les biffetons. La belle, probablement habituée, contrôle la situation et le rembarre gentiment. Les locaux s'amusent vraiment de la situation alors que pour ma part, j'ai la perception qu'il suffit d'une étincelle pour que la bagarre se déclenche car le gars doit être un vrai méchant.
Finalement, il commandera une assiette de crudités et dévorera le jambon avec les mains. Les chips qui accompagnent le plat lui tombent sur le plastron, sur la table. Ses mains sont sales, il tousse, éructe, s'étrangle et à l'idée qu'il va manipuler jetons et cartes, j'ai un haut le cœur et je quitte la table, rassasié.
J'aime beaucoup l'Irlande et les Irlandais mais il me faudra quelques voyages pour m'accommoder à certaines mœurs locales.
Que le flop soit avec moi ...
Tarass Boulba: personnage de littérature. C'est un cosaque fort et belliqueux imaginé par Nicolas Gogol. Ce n'est pas l'image du séduisant Yul Brynner que réflète mon héros du jour mais bien celle de l'illustration supra.
D'abord la tête haute, le regard droit, il distribue les joueurs à sa gauche. Ensuite, il se tasse d'une quinzaine de centimètres, son regard dévie sur la gauche et il sert devant lui pour enfin rebondir, pencher la tête sur la gauche et avec une contorsion de la main droite terminer son deal.
Le coup est énorme et implique trois joueurs.
Tarass plaisante, Tarass rit et lorsque Tarass rit, on ne s'entend plus. Un Anglais fait comprendre au croupier qu'il y a trop de "noise" et le croupier demande à Tarass, occupé de décrocher des uppercuts pour témoigner sa sympathie à son copain joueur, de faire moins de bruit.
Le tonnerre se déchaine et le bibendum, de sa voix de stentor, hurle qu'il va jouer. Il y a malheureusement une place libre et il s'y installe d'autorité jetant quelques billets de 50 € sur la table. Discrètement, je mesure la distance qui me sépare de l'énergumène et évalue mes chances de retrait si la baston se déclenche. Courageux mais pas téméraire.
La malheureux croupier jette les yeux au ciel pendant que Tarass fait mine de l'embrasser, la bave aux lèvres. Le coup est terminé et le croupier ramasse les jetons pour les donner au vainqueur du pot siège 9. Hélas, se faisant, il embarque les jetons du siège 10 momentanément absent. Il s'en rend compte mais trop tard et laisse échapper un pathétique "Jésus". Il est prêt à pleurer. L'absent revient et les palabres commencent. Il faudra plus de dix minutes et l'appel du floor pour que tout rendre dans l'ordre. Le croupier réclame le départ de Tarass qui continue à gueuler mais n'est pas suivi par sa hiérarchie. Soit le seuil de tolérance irlandais est bien plus haut que chez nous, soit les paluches hors normes de la bête la retienne. Le croupier est cependant remplacé par un autre qui semble connaître le perturbateur.
Celui-ci change finalement 100€, regarde ses cartes et fait allin. Mes sentiments sont partagés à ce moment là. Je sens que j'assiste à quelques chose d'assez unique. Une part de moi me dit de quitter la table car je n'aime pas spécialement les ambiances de soulard. Une autre part, moins noble, me susurre à l'oreille que je peux augmenter mon pécule.
Je découvre 58 et lâche la main. Mon voisin de gauche sent la bonne affaire et paie avec AQs. Tarass hurle et claque ses deux mains sur la table. Comme dans les bandes dessinées, les jetons font un bond en l'air. Le temps semble les suspendre et ils retombent, roulant à gauche, à droite. Surréaliste. Tarass roule des yeux, mime un combat de boxe et claque les rois sur le tapis. Au fur et à mesure que le tableau se dévoile, le soiffard se fait rougeaud. L'apoplexie le guette. Ses bras s'emparent des jetons et il en donne une poignée au croupier qui n'en demandait pas tant.
Mon voisin de gauche, sourit, conscient que son avidité n'a pas payé et que les dieux du poker sont du côté des pochards.
Soudain, notre nouvel ami hurle à la lune. A trois mètres de lui vient de s'installer une jolie masseuse décolletée qui commence son travail sur un autre joueur. Il l'interpelle avec des yeux énamourés et sort à nouveau les biffetons. La belle, probablement habituée, contrôle la situation et le rembarre gentiment. Les locaux s'amusent vraiment de la situation alors que pour ma part, j'ai la perception qu'il suffit d'une étincelle pour que la bagarre se déclenche car le gars doit être un vrai méchant.
Finalement, il commandera une assiette de crudités et dévorera le jambon avec les mains. Les chips qui accompagnent le plat lui tombent sur le plastron, sur la table. Ses mains sont sales, il tousse, éructe, s'étrangle et à l'idée qu'il va manipuler jetons et cartes, j'ai un haut le cœur et je quitte la table, rassasié.
J'aime beaucoup l'Irlande et les Irlandais mais il me faudra quelques voyages pour m'accommoder à certaines mœurs locales.
Que le flop soit avec moi ...
Tarass Boulba: personnage de littérature. C'est un cosaque fort et belliqueux imaginé par Nicolas Gogol. Ce n'est pas l'image du séduisant Yul Brynner que réflète mon héros du jour mais bien celle de l'illustration supra.




















Un vrai personnage de roman encore une fois ... Cette ballade irlandaise aura marqué ton esprit à ce qu'on en voit. Il faudrait que tu gagnes un package pour l'Amerique du sud maintenant, j'ai hâte de lire le CR et les side characters ;-)
RépondreSupprimerExcellent!
RépondreSupprimerah ah j'attendais ce billet avec impatience :)
RépondreSupprimernice one !
à jeudi mon Tarass moi ! =D
ah ! mme rencontre en rush poker, allin pf, sauf que j'ai les rois et mon adversaire a AQ, mais un A puis une queen me rappeleront que JE HAIS CE P**** DE CG de M***** qui me prend mes $$$ sur un 70/30 !!! :(
RépondreSupprimerouf, ca fait du bien :D
Je me serais crû dans un roman ( tu devrais peut-être y penser tiens !! )
RépondreSupprimerQuel bel article, bravo Stef ;-)
Bravo Stefal, j'ai bien ri.
RépondreSupprimerArticle très bien écrit, tu m'as fait voyagé :) j'imaginais la scène.
Excellent, ca me rappelle le Roman "La conjuration des imbéciles", un "Ignatus J. Reilly" en puissance ce Tarass !
RépondreSupprimerCourageux mais pas téméraire... lol
RépondreSupprimerNon en fait, sage décision que de quitter la table !!!
Très bien relaté en tous les cas, VGG.
Beurk !
RépondreSupprimerC'est sûr qu'à ta place, j'aurais quitté la table...
Win une main pour me prendre une baffe, très peu pour moi !
Du très grand Stefal !
RépondreSupprimerQuel billet !
J'ai failli rêveiller ma femme qui dormait à côté en éclatant de rire.
me rappelle un mec bourré, mais sympa, dans un tournoi à Vegas! Le tien avait quand meme beaucoup plus l'air dangeureux..
RépondreSupprimerImagine une table avec 9 mecs comme lui...!