jeudi 6 octobre 2011

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No money, no business

Paysafecard -
La gestion du bankroll (BR) est capitale dans la vie. Il en est de même au poker ... comme dans tous les loisirs. Pour la majorité des gens comme vous et moi, le poker est un loisir au même titre que la pêche, le cinéma, la pratique du vélo (sans pour autant se gameller plus que de raison) ou la lecture.

Si vous êtes prêt à consacrer par exemple 50$ par mois pour votre loisir, vous aurez dépensé 600$ au bout de l'année. Nonobstant la valeur du plaisir, cette somme sera "à fonds perdus". La différence avec le poker est que cette somme consacrée au loisir peut éventuellement être récupérée voire dégager un bénéfice.

Globalement un loisir peut être pratiqué de deux manières, soit de façon assez intensive soit de temps à autre. Pour les joueurs de poker qui pratiquent beaucoup (comme moi), je préconise la gestion de BR généralement diffusée dans les livres.

Je reprends ici les principes énoncés du gourou Gwen dans le dernier roman de Yann Le Dréau, Alexis Beuve et Franck Garot: "Poker is war".
  • Cash game: 30 caves minimum, à majorer quand tu montes de limites
  • Sit'n go: 60 buy-ins
  • MTT: 100 buy-ins.

Cela permet de limiter les effets de la variance.

Beaucoup reculent devant cette proposition car ils n'ont pas déposé sur la room la somme en question. A mon avis, il faut raisonner autrement et sur le moyen terme. Si nous reprenons notre exemple sur un an, l'amateur de poker disposera d'un viatique de 12*50$ pour l'année. Je lui conseille bien évidemment de faire un paiement mensuel de 50$.

Avec ces 600$, les conseils du vieux Gwen donnent:

  • Cash game: NL20 si vous cavez au maximum
  • Sit'n go: 10$ maximum donc les 5,5$ (ou les 8$ si il y en a)
  • MTT: 6$ maximum donc les 5,5$.

Ces règles ne signifient pas qu'il faut absolument jouer à cette limite maximum. Cela serait même imprudent. Si vous ne voulez pas subir l'effet de la variance et devoir interrompre votre mois faute d'argent (no money, no business), il vaut mieux jouer un peu plus bas.

Toujours par analogie aux autres loisirs, si vous vous offrez une balade en mer pour la pêche au gros, un séjour à Cannes pour le festival, un vélo électrique ou la pléiade en édition originale, votre budget annuel (voire de la décennie) est mort.

Pour les joueurs vraiment loisir, je vois les choses d'une autre façon. J'ai pas mal de copains pour qui le poker se limite à une ou deux parties par semaine voire par mois. Dès lors, cette gestion peut être remise en question mais le principe de fond reste le même, ne pas dépenser outre mesure: le budget mensuel. Et de la même manière qu'il achèterait un kilo d'asticots, une place de cinéma, une sonnette de vélo  qui joue le Cantique suisse ou le dernier Amélie Nothomb, il s'offre un tournoi. Et ce tournoi pourrait paraître hors BR pour le joueur qui joue plus intensivement.

Dernièrement, j'ai eu beaucoup de discussion sur le Monday. le Monday est un tournoi spécial dans le sens où il est à rebuy(s) et addon. Un très bon article nous apprend que pour jouer ce type de tournoi à la mise de départ de 3$, il faut être prêt pour ne pas diminuer inutilement ses chances à consacrer 15$.
Et pour consacrer la valeur d'un tournoi de 15$, il faut posséder un BR de 1500$ comme indiqué plus haut (125$ de budget mensuel). Un joueur assidu doit donc se poser la question de la bonne gestion économique avant de faire ce tournoi.

Paradoxalement, le joueur loisir pourra peut être franchir le pas plus facilement puisque c'est un one-shot (ou presque) sans conséquence.

Maintenant l'un comme l'autre mettront probablement dans la balance l'excellente struture du tournoi, les rebuys et addons donnant énormément de profondeur, la qualité des joueurs, le bon climat à table et l'overlay quasi permanent.

Je fais donc mien les paroles de Roger Hairabedian: "No money, no business". Le poker doit rester un loisir et si nos limites sont atteintes, il est tout à notre honneur de passer la main et soit d'attendre le mois suivant, soit de jouer avant que cela n'arrive des tournois à portée de bourse.
Paysafecard

Je rebondis sur ces réflexions un peu tortueuses pour vous signaler que dorénavant, vous pouvez utiliser Paysafecard comme moyen de paiement sur Golden Palace. Cela fera plaisir aux personnes qui avaient des difficultés avec certains comptes (les comptes postaux par exemple). Certains joueurs ne veulent pas non plus associer leur compte bancaire (familial ou personnel) à une pratique du jeu en ligne. Il vous est dès lors possible dans bon nombre de librairies d'acheter un code d'une valeur de 10, 25, 50 ou 100€ qui vous donnera l'opportunité de pratiquer votre loisir ... en bon père de famille. Ce moyen de paiement colle parfaitement à l'idée du budget mensuel. A utiliser avec modération bien évidemment.

Une saine gestion de BR est le premier gage de pérennité au poker. Le second est le mental mais c'est une autre histoire ...

No money, no business: cette expression est reprise par Roger Hairabedian dans son intervieuw à "Poker 52" de ce mois-ci.
En ce qui concerne l'argent, Big Roger dit: "Aux USA, on a plus la valeur de l'argent qu'en Europe car les tournois à 200$ ont déjà de gros fields".
Il évoque aussi la structure de paiement des tournois: "Je préconise que 20% des joueurs soient payés". Il prend pour exemple un tournoi à 10.000$ pour lequel très peu de joueurs ont payé l'entièreté de leur buy-in, s'étant qualifiés par des satellites en ligne ou live. Il propose dès lors que 1,5 buy-in soit redistribué aux joueurs classés de 16% à 20% et 2 buy-ins de 11% à 15%. Le reste étant distribué aux dix premiers pour cent. Selon lui: "Celui qui a besogné pendant peut-être un mois sur un site pour gagner son ticket aura une chance sur cinq de se voir récompenser. Pour toute la communauté poker, ce serait une vraie révolution et une solution pour ceux qui ont vraiment envie de s'accrocher ... Gagner 15000$ sans que cela ne soit impossible avec 50$ au départ attirera et encouragera une majorité de joueurs!"

12 commentaires:

  1. Je pense qu'on peut aborder la gestion de Bankroll avec un peu plus de subtilité.
    C'est le blogueur (et très bon joueur) optimise qui en avait déjà parlé.
    Par exemple, pour les MTTs, il est courant de dire, il faut 100 buyins d'avance pour jouer un tournoi.
    Donc, si j'ai 600$, je peux jouer 100 mtt à 6$.
    On peut le voir plutôt comme la possibilité de jouer 100 mtt au buyin moyen de 6$.
    Ce qui va me permettre de mixer ma gamme de mtt joués sur une cession (genre un 15$ + trois 3$ + deux 6$)
    Ce qui permettra quand votre bankroll va augmenter de jouer, parfois, des mtt à 100$ alors que vous n'avez pas 10.000$ de bankroll.
    Étais-je été clair ?

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  2. Très bonne réflexion une fois de plus.
    Le concept de bankroll a une géométrie assez variable selon les joueurs. Envisager un "budget" annuel à ne pas dépasser me paraît une approche saine.

    Par contre, "estimer" que la valeur calculée d'un tournoi est une "moyenne" est à mon sens une erreur : c'est un maximum à ne pas dépasser sauf à accepter de jouer, de temps à autre, "hors bankroll".

    Idéalement d'ailleurs, le calcul du "maximum jouable" devrait être ajusté en permanence par rapport au solde disponible. Imaginez en effet une BR originelle de 10000€ qui aurait fondu jusqu'à 500€ et dont le propriétaire continuerait à jouer des tournois à 100€ comme à l'origine ... cela serait évidemment suicidaire !

    Je préconise donc à ceux qui gèrent une bankroll de le faire avec rigueur. Et si d'aventure, ils souhaitent faire une entorse à leur régime financier, je leur conseille de "verser" leur buy par-dessus leur bankroll actuelle, ce qui fera au final une opération blanche et laissera au final, leur bankroll intacte.

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  3. Réflexion cartésienne de ta part, ce qui ne m'étonne point.

    Pour prendre l'exemple précis du monday, ma réflexion est toute autre : Il s'agit du seul tournoi hebdomadaire sur lequel on se retrouve majoritairement à se connaître, et ceci me rappelle un peu l'époque des tournois "blogueurs", tu te souviens, du temps où l'Arjel n'existait pas, et la loi belge non plus ....

    Donc je n'ai pas une br de 1.500$ qui me permettrait selon ta logique d'y participer. Mais le fait de retrouver des figures connues belges est un plaisir qui a un prix, et ce prix, c'est environ 15$. Chose dommage depuis peu ,ce sont les énergumènes qui en font dans la première heure une loterie pour monter du stack. Mais l'analyse a démontré que ce ne sont pas ceux là qui gagnent.

    Il s'agit d'un tournoi/semaine hors BR. A chacun de voir si le plaisir vaut la dépense. Si on se fait un petit resto, c'est vachement plus cher vu ce qu'on va s'enfourner :)

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  4. Excellent billet, comme on a l'habitude de lire sur ton blog !! Je partage ton point de vue :)) J'ajouterais juste, concernant le choix des tournois, que la structure est à prendre en compte, je m'explique : perso, je n'hésite pas à investir davantage dans un tournoi dont la structure correspond parfaitement à mon poker.
    Pour le reste, 100% ok

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  5. +1 avec Titi et je veux la liste des énergumènes (qui ne sont pas encore dans mes notes!)

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  6. Je pense que tout a été dit et plusoie cette article.

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  7. Celui qui se gamelle plus que de raison te dis que l'achat d'un vélo électrique ne met pas en danger son budget loisir, car il va pouvoir remplacer un scooter ou même une voiture pour ses déplacements quotidiens. J'ai économisé env 5'000 euros par année lors des 3 dernières années, fais le calcul, et choisis de meilleurs exemples pour tes bafouilles...

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  8. >Anonyme
    Je t'ai reconnu sous ton plâtre
    >mRik, Djé et LadyCats
    D'accord avec vos remarques pertinentes
    >Titi
    Également OK si ce n'est que je ne partage pas ton avis sur les "énergumènes". Pour ma part, je dirai que certains d'entre eux maîtrisent parfaitement le format des tournois rebuys.

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  9. L'important à mon sens n'est pas tant la règle que la capacité à la respecter.
    Globalement, on va jouer 0 à 5% de sa bankroll sur une table, quelque soit le format de jeu.
    Le plus difficile, c'est d'accepter de descendre quand la règle n'est plus respectée.
    Et plus le % est proche de 0, plus il sera facile de se détacher de l'aspect financier, et donc de conserver son A-game lors d'une phase négative.

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  10. pour le tournoi du lundi, je l'apparenterais plus a un sit&go vu le field habituel (entre 15 et 30 personnes) avec en plus un overlay non négligeable... ce qui justement permet a un débutant de monter une jolie petite bankrol (a condition de "bien jouer"/"avoir de la chance" biffez la mention inutile)...

    ps: elle est ou la liste des énergumènes? je me suis pas encore vu dessus ;-)

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